La Ville Rose et ManifestO

La Ville Rose ! Bon, ça fait un peu cliché, mais elle est bien rose la ville de Toulouse[1]… comme le chante si bien Claude Nougaro.

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Toulouse 1 © Helen Doyle 2016

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Toulouse 2 © Helen Doyle 2016

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Toulouse 3 © Helen Doyle 2016

Tous les jours, je vais prende le métro place Claude Nougaro ou à la station du Canal du Midi  pour me rendre sur le site de l’événement ManifestO.

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Toulouse, le métro © Helen Doyle 2016

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Toulouse, ManifestO © Helen Doyle 2016

Et quelques fois, je descends une station de métro avant… ou après, juste pour me balader un peu. Et là sur une place…

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Toulouse, Nougaro© Helen Doyle 2016

…Nougaro, en personne, oserais-je dire!

Le premier vinyle que j’ai acheté à 12 ou 13 ans! Avec mon amie Monique, on était allées sur la rue Racine – la main chez le disquaire Marchand à Chicoutimi. C’était peut-être à cause du Jazz et de la Java, qu’il chantait sur la musique de Dave Brubeck.

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Toulouse 4 © Helen Doyle 2016

Mais aussi pour sa chanson Le cinéma

(…) Sur l’écran noir de mes nuits blanches
Où je me fais du cinéma,
Une fois, deux fois, dix fois, vingt fois,
Je recommence la séquence
Où tu me tombes dans les bras…
Je tourne tous les soirs
Y compris le dimanche…
Parfois on sonne, j’ouvre, c’est toi…
Vais-je te prendre par les hanches
Comme sur l’écran de mes nuits blanches ?
Non, je te dis :  » Comment ça va ?  »
Et je t’emmène au cinéma.

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Toulouse, St-Sernin et l’ABC © Helen Doyle 2016

Évidemment, je ne savais pas qu’un jour je présenterais une «vue» sur l’écran de l’ABC, à l’ombre de de la basilique Saint-Sernin. Mais aussi, en même temps qu’un sérieux concurrent ce soir là, notre Xavier Dollan national! Ce qui n’a pas empêché d’avoir une belle salle et des spectateurs et spectatrices de ManifestO. Une «vue» – sans le romantisme de la chanson  qui laisse voir, Dans l’océan des images, celles réalisées par des artistes et des photographes qui montrent les tumultes du monde.

Oui, Nougaro encore, avec sa chanson Armstrong qui me rejoint, surtout avec tout ce qui se passe aux  USA en ce moment…

Noir et Blanc, en couleur

C’est une belle invitation que ManifestO m’a faite!

Et je me retrouve là, au soir de vernissage à la Galerie Photon.

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Toulouse, ManifestO © Helen Doyle 2016

Un rendez-vous de la photographie
Sur les berges de la Garonne,
Près du Château d’eau,
Un village de containers maritimes au coeur de Toulouse… que je découvre avec Jeanine , une Toulousaine avec qui je vais me balader sur la Garonne.

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Toulouse, ManifestO © Helen Doyle 2016

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Toulouse, ManifestO © Helen Doyle 2016

Avec bonheur, je retrouve l’invitée d’honneur de ManifestO – et présidente du jury de sélection 2016 – la très chère à mon coeur Letizia Battaglia, en compagnie du directeur artistique, dont la générosité n’est pas la moindre des qualités, Jacques Sierpinski.

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Letizia Battaglia et Jacques Sierpinski © Helen Doyle 2016

Malheureusement, le soir de l’ouverture du site sur le Cours Dillon, quelque minutes avant l’inauguration, il se met à pleuvoir à boire debout.

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Toulouse, ManifestO © Helen Doyle 2016

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Toulouse, ManifestO © Helen Doyle 2016

Quelle chance de revoir Letizia, elle qui ne s’y attendait pas. Et de revoir aussi Nadia Benchallal. Je peux même, enfin, présenter l’une à l’autre ces deux dames «rapporteuses d’images» de mon film.. qui se rencontrent pour la première fois!

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Nadia Benchallal et Letizia Battaglia © Helen Doyle 2016

Pendant que sous la pluie on attend l’inauguration, Jacques déclare officiellement l’ouverture de ManifestO et l’ouverture des containers. Et de sa voix chaude et tonitruante, il  annonce la fin de la pluie! En effet, le petit miracle se produit : la pluie cesse… On va à la découverte…

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Toulouse, ManifestO © Helen Doyle 2016

Car l’originalité de ManifestO, qui orchestre cet événement depuis 2012, est de proposer des expositions dans des containers.

Les expositions de cette année prennent, le jour, d’autres apparences…

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Martine Lécuyer, ManifestO © Helen Doyle 2016

Marine Lécuyer, l’une des lauréates de cette année avec son exposition Tarifa – Tanger, m’explique que les exposantEs sont responsables de l’accrochage de leur espace.

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Toulouse, ManifestO © Helen Doyle 2016

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Toulouse, ManifestO © Helen Doyle 2016

Des écritures et des regards affirmés, un régal pour les yeux …et pour l’esprit.

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Toulouse, ManifestO © Helen Doyle 2016

Vous qui avez manqué l’édition de cette année, on peut en découvrir l’essentiel sur le site Web de ManifestO.

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Toulouse, ManifestO © Helen Doyle 2016

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Toulouse, les « bonnes bouilles » de ManifestO © Helen Doyle 2016

Débats et échanges… en plein air, entre une table-ronde : « Le photographe face à la violence, au droit et à l’intime » avec Letizia Battaglia et d’autres personnes…

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Toulouse, ManifestO © Helen Doyle 2016

Un atelier animé par Impossible Project sur le Polaroid® et la «renaissance» des pellicules avec une technique de transfert d’émulsion.

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Impossible Project, ManifestO © Helen Doyle 2016

Le jour, différents groupes viennent sur le site, «les scolaires, de la maternelle au lycée», me racontent Claire et Audrey, en nous montrant le livre d’or où les jeunes, après leur visite de l’éducation à l’image, écrivent leurs impressions.

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Toulouse, ManifestO © Helen Doyle 2016

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Letizia Battaglia, ManifestO © Helen Doyle 2016

On consacre trois containers à l’invitée d’honneur Letizia Battaglia qui, cette année, recevra plusieurs récompenses et dont le travail fait l’objet d’une grande rétrospective au Il MAXXI Museo nazionale delle arti del XXI secolo, à partir du 24 novembre à Rome.

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Livre d’or et mots d’enfants, ManifestO © Helen Doyle 2016

Un des gamins lui écrit ce mot charmant dans le livre d’or : «Brava Letizia… Tu était (sic) courageuse… Continue».

Oui elle a continué et persévéré, courageuse et brave Letizia, un modèle pour nous.

Un autre écrira : «J’ai beaucoup aimé les sexpositions» Ces mots d’enfant font sourire tout le monde.

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Dans un des containers, on peut voir et entendre une interview de Giuseppe Marrazzo, un document de la RAI Palermo-Corleone (Sicile) qui date de 1979 sur Rewind. (Ici, un extrait sur Youtube.)

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Claire, Jean-François, Audrey, Jacques et Nadia, ManifestO © Helen Doyle 2016

On trouve aussi, à ManifestO, une librairie-container, devant laquelle pose une partie de la belle équipe : Claire, Jean-François, Audrey et Jacques, que Nadia s’emploie à photographier .

«Au début, peu de femmes soumettaient leur travail. Mais maintenant, elles sont très nombreuses», nous confie Jacques.

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Jacques Sierpinski et Nadia Benchallal, ManifestO © Helen Doyle 2016

On parle de la violence et de la photographie, de la conservation et de l’archivage, qui restent un souci pour nous, documentaristes, tout autant que pour les photographes … L’archivage, la pérennité de notre travail, LA grande préoccupation de Letizia…

◊◊◊◊◊

En me baladant dans Toulouse,
mon 33 tours usé à la corde,
qui griche pour cette autre chanson,

Pour Marilyn
Quel est le film, le scénario
Qu’il te faut tourner de nouveau
Et dans quel néant s’illumine
Le néon de ton nom, Marilyn?
(…)
Nos vies ne sont qu’un bout d’essai
Pour qui, pourquoi, Dieu seul le sait
Toi qui connaît la fin du film
Dis Marilyn…

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Marylin in La Rabia (2:21), Pasolini

En fredonnant cette chanson tout en me rendant à mon rendez-vous avec Letizia, je pense à ce passage que j’adore de La Rabia de Pasolini, qui fait écho… Je voudrais le partager avec Letizia, comme avec tout le monde croisé à ce beau rendez-vous de septembre. Comme un présent pour dire merci.

Et la nuit, Toulouse-la-Rose devient dorée et pose pour la carte-postale d’usage…

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Toulouse, la Garonne, l’Hôtel-Dieu St-Jacques, le Pont Neuf © Helen Doyle 2016

J’aimerais bien que les Toulousains puissent écouter mon ami Edgar Bori chanter Nougaro… que j’ai entendu le printemps dernier.

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Pleine lune à Toulouse © Helen Doyle 2016

Et je retourne au Québec avec cette autre jolie chanson de Nougaro, Tu verras, qui donne, tout de même, un peu espoir…

◊◊◊◊◊

[1] L’argile de la région utilisée pour les briques des maisons, une fois cuit, devient rose. Toulouse, au gré des changements de la lumière du jour, se teinte de reflets roses. D’autres villes portent ce surnom de Ville Rose, dont la capitale de l’Arménie, Erevan…

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La rentrée… du Nord au Sud de la France

Septembre en France…

Toulouse pour Helen et Le Mans pour Danielle Marie Chanut

Au SUD, le samedi 17 septembre…

ocean_manifesto-copieVoici la bande annonce de Dans un océan d’images, j’ai vu le tumulte du monde.

L’invitée d’honneur, Letizia Battaglia.

De belles expositions : le site de Manifesto.

Vous qui connaissez mon projet d’apunti italien, vous savez que Letizia et moi partageons une même passion : Pasolini.

Nadia Benchallah participera à la projection à Toulouse.

Avec Nadia aussi des liens continuent de se tisser. Ça a commencé avec Sarajevo. S’est inscrit avec Dans un océan d’images. S’est poursuivi avec un de ses ses projets, Route, sur André Breton – qui a vécu dans notre Gaspésie, durant la deuxième guerre crée. Voilà comment se créent ces fils invisibles au-delà du temps et des continents.

Dans ce film, en  plus de Letizia et de Nadia, nous faisons aussi un bout de chemin avec Bertrand Carrière, Stanley Greene, Lana SlezicPhilip Blenkinsop, Geert Van KesterenAlfredo Jaar, Paolo Ventura et Sera Ing. On y fait un court passage à Zoom Saguenay et un détour à FOAM pour l’installation étonnante d’Erik Kessel..

Si des rapporteurs d’images sont dans les alentours, joignez-vous à nous.

Au NORD, le dimanche 18 septembreannonce-mifac_20160916-18-copie

Pour sa deuxième édition, le Marché international du film sur les artistes contemporains, le MIFAC, présente notre court-métrage sur le fascinant travail de Danielle Marie ChanutL’artiste dans son for intérieurComme je n’ai pas encore le don d’ubiquité, je ne pourrai malheureusement pas y être. Mais Danielle Marie, elle, y sera bien présente.

Vous voulez avoir une idée de cet inédit ? Vous pouvez voir ici la bande-annonce réalisée par le Festival des film sur l’art de Montréal en mars 2016.

Et si vous n’avez pas encore vu, en complément, notre rencontre avec Danielle-Marie dans son atelier, L’atelier des chimères, ce document est maintenant disponible sur Vimeo sous le nom Danielle Marie Chanut : L’atelier des chimères.

Voilà un automne qui commence sur les chapeaux de roues!

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À la découverte d’images enfouies (3) : Traces de mémoire

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Marie, Karine, Andrée-Jo, André Fournelle, Linda Roy © Tatouages de la mémoire

Encore une fois, l’idée de réunir la tribu, cette fois autour d’un texte poétique, est passé par la tête d’Helen. Elle sortait de plusieurs années de réalisation autour de la folie. Après C’est pas le pays des merveilles, il y a eu Les mots maux du silence; puis l’accompagnement du groupe Auto-Psy avec deux productions, De la matrice à l’asile et La psychiatrie va mourir

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« Décor » © Tatouages de la mémoire

La première version de son texte portait le titre « Pour un fou trop lucide ». C’est devenu « Tatouages de la mémoire ». C’est d’ailleurs ce nom qu’on choisira, en 2000, pour la compagnie de production, créée pour ce genre de projets un peu « fous »…

Nous voilà donc plongés dans ce texte poétique, loin de la folie, dans un onirisme conscient qui nous appelle, nous amène au-delà de nos entraves, de nos pudeurs. Ne pourrait-on pas rapprocher cela du « rêve éveillé » de Pol Pelletier?

Voilà ce premier personnage, Sarah du désert

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Sarah (Andrée-Jo Milot) © Tatouages de la mémoire

Je traverse un long désert
Je suis la vague,
le sable doux,
l’horizon, les marées,
mes lunaisons

Je suis étendue
au cœur des dunes en jetant un dernier regard
au visage strié et ridé
de la terre

Mon mirage, mon oasis, mes vents, ma guerba,
Mon méhari, mon simoun.

Mon nom est Sarah,
Pense-t-elle sans cesse
En sortant de son rêve…

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Sarah (Andrée-Jo Milot) © Tatouages de la mémoire

« J’ai besoin d’espace et de paysages… des terrains de jeux à apprivoiser afin de créer des tableaux oniriques » nous confie Helen.

Mais il y a cette autre Sarah, celle qui, bientôt, se métamorphosera, deviendra oiseau…

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Sarah (Marie Décary) © Tatouages de la mémoire

On commence un tournage après une belle tempête de neige dans les montagnes de Tewkesbury.

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Production à … « micro budget » © Tatouages de la mémoire

On fait tout avec des riens : des dentelles, des branches, du coton à fromage… Karine Lepp nous rejoint, collabore à la direction artistique avec ses maquillages et ses croquis. Marie Décary – qui a réalisé La chevauchée rose en 1981 – accepte de jouer le jeu de la transformation de Sarah en femme-oiseau.

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Sarah – esquisses de Karine Lepp

 

 

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Les joies d’un tournage hivernal…

Tatouages-tournage-1985

Karine, Madeleine Massé, Sarah (Marie), Germain © Tatouages de la mémoire

Vivre de ces mirages
Le jour lumineux, aveuglant
Le silence la rend sourde
Tout se couvre de frimas
Sa vie peuplée
Condamnée à l’errance

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Sarah (Marie Décary) © Tatouages de la mémoire

Passe sur moi à tire-d’aile
au battement du corps

hululement… sifflement

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Sarah (Marie Décary) et « Charlie » © Tatouages de la mémoire

Oiseau-velours
Rythmes         Simoun        Vibrations
Chante, mon Imazad,
ton chant. Murmure

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L’Oiseau Sarah © Tatouages de la mémoire

Je mue, mute, et renais
de nos souffles, d’un désir

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L’Oiseau Sarah © Tatouages de la mémoire

Il y a, semble-t-il, des traces de ce délire dans des histoires celtiques, mais aussi dans les contes amérindiens, nous apprendra plus tard Alanis Obomsawin… On sent aussi, à n’en pas douter, une influence de la présence de notre ami Juan Saavedra…

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Juan Saavedra © Tatouages de la mémoire

Dans ce lieu désertique, de sable et d’errance sans fin, notre Sarah rencontre la déesse. Devient déesse. Possédée. Au son des bombos, elle danse, se perd, se trouve. S’inscrit dans le sable comme un tatouage sur la peau…

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Elisabetta La Commare © Tatouages de la mémoire

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Carlos Saavedra © Tatouages de la mémoire

Les chevaux en furie s’entêtent à galoper
dans sa pauvre tête gelée

Elle cherche, dans les replis,
les traces pouvant lui rappeler
une cérémonie lointaine
inscrite en sa mémoire

Je suis le puits de mon désert.
C’est la seule raison de ma survie.

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Juan, Elisabetta et Carlos © Tatouages de la mémoire

Leurs sabots piétinent
et martèlent sa pauvre cervelle fêlée.
L’image d’un rituel revient sans cesse.

Elle danse, danse, déesse du désert.

Sans arrêt, elle danse, possédée

La Déesse

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La Chamane – Elisabetta – et Juan © Tatouages de la mémoire

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Oscar, Carlos © Tatouages de la mémoire

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La Chamane – Elisabetta La Commare © Tatouages de la mémoire

Ainsi, de nouveau de passage au Québec, Juan, avec son neveu Carlos Saavedra, Elisabetta La Commare[1] et Oscar Sisto, ont accepté de poursuivre avec nous cette audacieuse aventure dans une carrière de sable abandonnée. Après avoir vu les premiers tournages (ceux de l’hiver, dans la neige), Juan improvise des chorégraphies mêlant à la fois bombosboleadoras et ses images d’oiseaux de son Argentine. Nous sommes tout à fait en symbiose…

[1] (Dans cet extrait, Elisabetta danse avec Luis Lopez dans le spectacle Saltimbanco. Depuis, Elisabetta s’est tourné plutôt vers les techniques de massage ayurveda, en particulier l’Abhyanga.)
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Juan, Elisabetta, Carlos, Christine G., Germain, Oscar, Nicole G. et Helen © Tatouages de la mémoire

Ces tournages épiques se termineront dans les dunes de Tadoussac, avec le double de Sarah, Andrée-Jo Milot. Elle nous propose à son tour un maquillage et un costume pour la Sarah des dunes

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Andrée-Jo Milot, vestiges © Tatouages de la mémoire

E l l e  continuait son voyage
Au coeur du désert
E l l e  est son seul oasis

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Sarah (Andrée-Jo Milot) © Tatouages de la mémoire

Les événements
forment en soi des paysages
qu’on cherche constamment

À  r e c o m p o s e r

                                    Ils restent là
comme le mercure
vif-argent de nos passions

L e s   t a t o u a g e s   m o r d e n t   l a   p e a u

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Sarah (Andrée-Jo Milot) © Tatouages de la mémoire

Autant de signes à découvrir
de codes secrets, de symboles
gravés à tout jamais

traces  souvenance  cicatrices
que l’on porte dans le coeur
dans le corps…

T A T O U A G E S   D E   L A   M É M O I R E

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Helen, le fleuve et Sarah (Andrée-Jo Milot) © Tatouages de la mémoire

Ces mots, ces murmures, ces souffles d’âme, il reviendra à notre fidèle complice Sylvie Tremblay de leur donner vie, d’en exprimer le mouvement, d’y mettre son chant, pour qu’ils s’inscrivent dans nos corps. Elle en sera la narratrice et signera l’envoûtante trame sonore en compagnie de Sylvain Clavette et Claude Chaput.

En guise de conclusion, au-delà de ces réminiscences, des ces tatouages de la mémoire, il est amusant – et intéressant – de voir comment toutes ces merveilleuses personnes ont poursuivi leurs rêves…

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À la découverte d’images enfouies (2) : À la rencontre de l’Argentine

Il y a eu plusieurs moments importants dans cette aventure du trapèze et des arts du cirque commencée en 1979. Chacun a été marqué par des rencontres qui nous mènent à des aventures parfois surprenantes…

Ainsi, à l’été 1983, pour son anniversaire, Helen s’offre une journée de tournage et de montage pendant le Festival d’été pour suivre, dans les rues du Vieux-Québec, La Fanfafonie, où elle retrouve René Dupéré, auteur de la musique de C’est pas le pays des merveilles.

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René Dupéré (2e gauche); Clément Richard, alors ministre de la Culture du Québec au centre.

René, avec ses comparses de la Fanfafonie, joue avec la sympathique troupe belge, Le Cirque du Trottoir. Helen tombe sous le charme du numéro de Michou (Michelle Meugens, chorégraphe et danseuse belge) et Juan Saavedra. Elle découvre les boleadoras, les zapateos, un peu de l’histoire de l’Argentine et de celle de Juan, exilé en France.

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Juan Saavedra © Tatouages de la mémoire

Juan Saavedra reviendra au Québec dès l’année suivante avec Michou et Estela Undurraga. Et une fois de plus, sur un coup de tête, nous organisons un atelier d’initiation à la danse argentine. Nous trouvons une salle de répétition au Conservatoire de musique. Christine Gourgue et Germain acceptent de prendre un cours de zabateos.

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Atelier avec Juan 1 © Tatouages de la mémoire

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Estela, Michou, Christine, Germain, Juan © Tatouages de la mémoire

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Michou, Estela, Juan, Helen © Tatouages de la mémoire

Helen est à la caméra, Nicole Giguère au son et Jean Fiset viendra faire quelques clichés complémentaires.

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Estela Undurraga © Tatouages de la mémoire

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Juan et Estella © Tatouages de la mémoire

Nous vivrons d’ailleurs un moment …sublime, alors que Juan et Michèle interprètent une de leur chorégraphie.

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Michou et Juan © Tatouages de la mémoire

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Michou et Juan © Tatouages de la mémoire

Dans les jours qui suivent, grâce à notre adorable colocataire Andrée-Jo Milot – qui programme des événements à la ville de Beauport et qui a eu le même coup de cœur pour les boleaodoras, nous enregistrons un spectacle en plein air. Cette fois encore, nous ferons un montage d’un court document, Malambo, que nous mettrons éventuellement en ligne sur Vimeo en visionnement gratuit. Comme nous offrirons peut-être aussi un petit moment de la Fanfafonie, qui sait ? …Si nous arrivons à sauver quelques archives et si tout ce beau monde est confortable avec notre initiative de proposer ces traces d’un travail souterrain.

Ainsi se tisse une trame organique où se rencontrent et se répondent plusieurs disciplines artistiques, des artistes passionnés d’ici et d’ailleurs qui nous font découvrir et transmettre des univers fascinants. Dans le prochain épisode, nous présenterons les Tatouages de la mémoire, puis Le rêve de voler, dans lesquels nous retrouverons notre ami Juan, el bailarín de los montes, qui danse toujours!

À suivre, donc…

Et d’autres adresses à visiter…

Juan : http://juanelbailarindelosmontes.blogspot.ca/

http://www.osloworld.no/en/news-2015/juan-saavedra-company/

Michou : http://catastrophe.be/jdp/formateur-detail.php?id=91

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À la découverte d’images enfouies (1)

Nous sommes en train de faire du tri (l’archiviste insiste : on ne fait pas du « ménage » !) L’intention, en effet, est de remettre à la Cinémathèque québécoise un lot de documents pour « nourrir » le fonds d’archives d’Helen ; ce qu’on appelle les documents afférents.

Comme c’est un travail de longue haleine, nous ferons de temps à autre une chronique sur nos trouvailles, nos souvenirs, nos réflexions, et nous indiquerons des liens rattachés à nos découvertes. On pourrait considérer tous ces éléments comme des compléments – ou des suppléments – au coffret-monographie La liberté de voir – Helen Doyle, cinéaste

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Trapézistes sous « Lumière noire » © Tatouages de la mémoire

À part les documents directement reliés à une production précise (et terminée), nous retrouvons toutes sortes de documents témoignant des démarches et des recherches d’Helen – qui, comme pour tout documentariste, peuvent durer des années ! – ce qu’elle pourrait appeler ses « notes pour un film à faire » (en référence aux appunti de Pasolini…)

Là, par exemple, nous sommes plongés dans la documentation accumulée durant 12 ans alors qu’Helen s’intéressait au trapèze et aux trapézistes, puis aux autres disciplines du cirque. Et tout au long de ces 12 années d’exploration, Helen a accumulé une somme impressionnante d’informations et des rencontres marquantes avec des personnes remarquables…

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Carte postale Dominion Park, 1908

Pour la petite histoire, Helen venait de terminer, en 1980, le film coréalisé avec Nicole Giguère, C’est pas le pays des merveilles. (On peut écouter ici l’entrevue donnée par les deux réalisatrices sur le site des Réalisatrices équitables [RÉ] à propos de C’est pas le pays des merveilles.)

Dans cette docufiction, des séquences documentaires avec des personnes réelles – et des témoignages souvent poignants – alternaient avec des images de pure fiction illustrant certaines scènes du film. Dans ces séquences métaphoriques, Alice Tremblay (Marie-France Desrochers) traverse « de l’autre côté du miroir » pour se retrouver dans l’univers d’Alice au pays des merveilles – incarnée par Léo Munger, en compagnie du Lapin, joué par Yves Jacques, et du Roi de cœur incarné par …Rémi Girard !

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Yves Jacques, Rémi Girard, Marie-France Desrochers, Léo Munger – C’est pas le pays des merveilles © Tatouages de la mémoire

Mais dans ce film, il y avait aussi le personnage de la femme-oiseau s’évertuant à séduire ce pauvre roi couronné de travers : cet imago métaphorique était personnifié par la trapéziste Marie-Thérèse Lessard.

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Marie-Thérèse Lessard, la Femme-oiseau © Tatouages de la mémoire

C’est donc à partir de 1979 qu’Helen a commencé à fréquenter les trapézistes, en particulier Marie-Thérèse, puis Lorraine Desmarais, qui, ensemble, fonderont le Nœud d’erseau, cette école de trapèze unique au Québec.

Après C’est pas le pays des merveilles, en 1981, Helen écrit un projet de film intitulé Marie-Céleste, tu as toujours la tête dans les nuages, stimulée par l’audacieuse aventure de Lorraine et Marie-Thérèse.

Mais il faut dire que si le Nœud d’Erseau a existé, c’est bien parce que la comédienne Luce Guilbault avait invité Coline Serreau (eh, oui, la cinéaste !) à venir donner des ateliers de trapèze à l’École nationale de théâtre en janvier 1980; Marie-Thérèse et Lorraine s’y sont inscrites. Suite à cela, elles ont voulu poursuivre en allant se perfectionner en France avec la trapéziste française Andrée Jan, la grande, l’unique, la « première », André Jan, surnommée « Miss Risque ».

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© Andrée Jan

« Cette dame, que j’ai eu l’honneur de rencontrer, avait monté un numéro de trapèze sous la tour Eiffel, qu’elle reproduisait accrochée sous un hélicoptère en 1955. Je me souviens de lui avoir dit : « Mais c’est terriblement audacieux et dangereux ! » Elle m’a répondu « C’était mon métier… » Puis, après une pause, avec un œil coquin, elle ajouta « Mais j’étais la seule… » »

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© Andrée Jan

« Quelle dame ! Je tenais à ce qu’elle soit du projet que je concoctais alors avec Lorraine et Marie-Thérèse. J’ai même eu le bonheur de faire un tournage de repérage en France avec madame Jan. Avec la complicité de Colline, j’étais allée au Cirque d’hiver Bouglione pour tourner [avec Germain] ces quelques images en VHS; qu’en reste-t-il sur les cassettes ? Je ne sais pas; je les regarde et je sais que cela ferait drôlement plaisir à Coline et à mes copines des RÉ si on pouvait en récupérer quelques fragments… »

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Coline Serreau

« Dans une première esquisse de ce projet, j’avais imaginé quelques séquences avec Andrée Jan, Coline et Luce, mais faute de moyens, l’idée ne pourra se concrétiser. C’est alors que l’idée a germé dans nos têtes d’ouvrir le film – qui deviendra Le rêve de voler – avec un numéro de trapèze exécuté par Marie-Thé …sous une montgolfière !

« Et sur ces images, j’entendais déjà la belle voix de Sylvie Tremblay chanter « Elle a rejoint les femmes et les oiseaux ». Sylvie avait déjà contribué à C’est pas le pays des merveilles avec René Dupéré pour la musique et les chansons, la première de nos nombreuses collaborations! »

Cette relation a duré, duré…

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Trapèze sous montgolfière © Tatouages de la mémoire

(La suite dans « À la découverte d’images enfouies (2) », avec, entres autres, La Fanfafonie…)

[Article écrit à 2 mains… On ne joue pas du piano, ici!]

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À la rencontre de notre humanité…

À tous ceux et celles qui ont eu la chance de croiser le compositeur écossais Nigel Osborne et à tous les autres, Elizabeth Carmack me fait savoir que  Nigel Osborne  sera de passage prochainement à Ottawa, dans le cadre d’un important événement: À la rencontre de notre humanité / Encountering our humanity – From Knowledge to Conscious Action.

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Nigel Osborne avec des enfants syriens © Jane Bradley

Nigel sera au  Gala Cambridge Music Conference, il donnera à entendre, en première mondiale, Bar Elias Suite – Children’s Songs from a Syrian Refugee Camp. Le concert aura lieu le samedi, 13 août, à 20h., au Kailash Mital Theatre de l’Université de Carleton à Ottawa.

Une autre œuvre au programme est aussi présentée en première mondiale. Il s’agit de Women Are Gone, de la conteuse et musicienne Squamish Wendy Charbonneau.

Comme plusieurs d’entre vous le savent, Nigel est un complice – et un fidèle collaborateur – depuis notre toute première rencontre en 2000, en Croatie… Elizabeth et moi nous sommes rencontrées au Camp d’été des enfants des Balkans (Balkan Summer Camp). On peut lire son récit sur le site de la Cambridge Music Conference.  Nigel poursuit mon magnifique travail dans un camp de réfugiés de la Vallée de la Bekaa, au Liban, avec les enfants syriens. Un court document de la BBC fait d’ailleurs état de ce travail…

Elizabeth a toute mon admiration pour l’énergie qu’elle déploie, sourire aux lèvres, pour proposer des événements avec The Cambridge Music Conference. La première conférence en 2001, sur le thème « Music in Healing », a été développée à partir de l’épitaphe du philosophe Novalis :

« Every illness is a musical problem; every cure is a musical solution! »

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Aude et… Cet imperceptible mouvement…

 

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Fenêtre Bologne © Helen Doyle

Je consacre mon été à la relecture des nouvelles et des romans de ma chère Aude, écrivaine dont j’ai déjà parlé. J’ai pris dans ma bibliothèque son recueil de nouvelles Cet imperceptible mouvement, qui s’est vu décerner le Prix du Gouverneur général du Canada en 1997.

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Bologne © Helen Doyle

Aude avait choisi de mettre en exergue ces mots de Paul Guimard :

Si le malheur s’impose avec évidence et brutalité, il faut une attention en éveil pour apprendre ne fût-ce que les reflets du bonheur.

Puis, en prenant le livre, deux cartons se sont envolés des pages, comme des oiseaux qu’on aurait libérés de leur cage

Un des cartons est une invitation au lancement, à la librairie Pantoute, d’un autre de ses recueils de nouvelles : Banc de brume.

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Fillette, Florence © Helen Doyle

L’autre papillon est une jolie carte avec un mot de ma chère Aude datant du 11 juillet 1998. Je sais qu’elle a pris le temps de choisir, avec une extrême minutie, l’image de ces deux petites filles et d’un chien : j’en avais un semblable… Elles prennent le thé. Ce qui me rappelle notre rituel de chaque été autour de nos anniversaire, un rendez-vous…

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Aude : Carte pour Helen, 11-07-1998

Sur la jaquette, à l’endos de Cet imperceptible mouvement, un peu détaché du reste de la présentation, je lis…

Tout est dans l’œil

Mais il faut parfois du temps pour percevoir,

au creux des petites morts quotidiennes,

cet imperceptible mouvement qu’on appelle la vie.

Oui, au cœur de l’été, avec le départ de personnes chères comme l’a été Aude pour moi – et Marie-Thé – et des proches aux prises avec la maladie, on cherche des réponses à l’absurdité et à l’indicible.

Toujours sur la jaquette, une invitation à vous, lecteurs lectrices qui ne connaissez pas Aude, à la lire chez XYZ et chez Lévesque éditeurs.

« Le soleil descend doucement sur le fleuve et remplit la demeure ocre et safran. Justine fait rouler une mandarine entre ses paumes. L’épaule appuyée au chambranle de la porte fenêtre, elle observe un vol tardif d’outardes qui s’en vont vers le nord. L’Adagio de Mozart qu’elle écoute lui parvient à travers les cris nasillards des grandes oies. De l’ongle, elle perce la peau de l’agrume qui répand aussitôt son arôme. »

 Les mots de Aude me ramènent à la chanson Suzanne de Cohen.

“Suzanne takes you down to her place near the river

You can hear the boats go by, you can spend the night forever

And you know that she’s half-crazy but that’s why you want to be there

And she feeds you tea and oranges that come all the way from China.”

Les mots de Aude sont des tableaux qui me font voyager, au-dehors comme au-dedans.

Les mots de Aude sont ma « Suzanne » à moi…

“And she shows you where to look among the garbage and the flowers

There are heroes in the seaweed, there are children in the morning

They are leaning out for love and they wil lean that way forever

While Suzanne holds her mirror

And you want to travel with her, and you want to travel blind

And you know that you can trust her

For she’s touched your perfect body with her mind.”

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Rome, Villa Sciarra © Helen Doyle

…Aude toujours…

« Il faut consentir à l’éphémère, comme un artiste qui dessinerait longuement sur le sable, à marée basse, ses œuvres les plus sublimes que la marée montante lécherait ensuite lentement.  De ma fenêtre, je regarde la rivière et je la trouve de nouveau belle. Et cela est plus que suffisant pour que je consente à vivre une heure de plus… » (Aude, Vases communicants, p. 95)

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Rome. Statue, Villa Sciarra © Helen Doyle

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